Rémy Violette travaille en leitmotiv des figures totémiques aux traits figés. Le visage, systématiquement représenté de face, est stylisé : forme oblongue, yeux hallucinés en amandes, bouche laissant voir une rangée bien symétrique de dents ; tout évoque ici le masque africain, les corps sont disproportionnés et animés par les mouvements saccadés d’une apparente danse rituelle. Dans une atmosphère aux compositions tranchées et aux tons violemment contrastés, ces entités figées dans un rictus inhumain sont les génies terrifiants d’un culte inconnu. La redondance du motif semble ici relever de l’acte propitiatoire et les écritures imaginaires, semblables à des runes soulignent la magie du thème. Le visage devient parfois une figure rayonnante encadrée par une autre qui envahit l’espace du tableau par contaminations. Comme une litanie, afin d’en user le contenu, le masque se répète indéfiniment, fascinant et hallucinatoire. Bien plus qu’un simple motif de base à des variations plastiques, il offre une présence particulièrement troublante et terrifiante : isolant la figure dans une autre réalité, il lui concède la toute-puissance du sacré.
Élodie Laval






Dernière mise à jour le 2 mars 2026 par uapser76800
